Si en Afrique au Sud du Sahara, l’on croit de plus en plus à la thèse d’un syndicat des Chefs d’Etat, relativement aux élucubrations  de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao),il convient de se poser des questions légitimes sur cette Institution sous régionale et ses véritables motivations. Le président Jammeh a été chassé de son pays pour avoir été battu par le candidat Adama Barrow. Sous l’impulsion de l’Onu, la Cedeao a déployé une armada jamais vue dans l’histoire de l’Afrique pour le mettre en demeure. Aujourd’hui, c’est la même Cedeao qui reste bouche cousue devant ce qui se passe en Guinée et en Côte d’Ivoire. Diantre !

Lors de son discours du 23  janvier 2020  à Abidjan, le président de la Commission de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Jean Claude Kassi avait  indiqué que l’Institution qu’il dirigeait ne toléra plus aucun troisième mandat dans l’espace communautaire.

«Un peuple ne peut se plier aux caprices d’une minorité d’hommes qui foulent aux pieds les bases de la démocratie. Et les regarder faire serait une complicité de notre part», avait-il notamment déclaré, précisant avec insistance que le refus de l’alternance dans la sous-région ouest-africaine ne sera plus toléré d’après nos sources de Sénégal7.

Par conséquent, prévient Jean Claude Kassi, dans le cas où un régime sera amené à refuser de quitter le pouvoir après deux mandats, la Cedeao prendra sa responsabilité.

Cette mise au point était perçue par les observateurs comme un message adressé aux présidents qui piétinent la constitution de leur pays respectif pour rester au pouvoir. Et l’on présumait les Chefs d’Etat Macky Sall, Alassane Ouattara et Alpha Condé.

Aujourd’hui, le premier entretient le flou en ce qui concerne un 3e mandat, le second se dédit et s’apprête à briguer un 3e mandat et le troisième plonge la Guinée dans un chaos post-électoral dont l’issue est encore imprévisible.

Les présidents Mahamadou Issoufou  du Niger et Muhamadu Bouhari du Nigéria constituent une exception puisqu’ils ont décidé de ne pas meurtrir leurs peuples par un 3e mandat tout aussi controversé.

L’on rabâche partout une Cedeao des peuples mais la vérité est qu’il s’agit plutôt d’une « auberge espagnole » où ces aspirants à un 3e mandat y font ce que bon leur semble.

La Cedeao n’aurait ni les moyens de sa politique encore moins la prégnance qui sied aux hommes d’Etat prêts à se sacrifier pour mettre leurs pays sur les rails de la démocratisation et du développement.

Cette Institution sous régionale apparaît aujourd’hui comme l’envers du décor Ouest-africain .La seule porte de sortie qui puisse la sauver ou au besoin la réformer, c’est de miser sur la relève politique appuyée par la nouvelle conscience de la jeunesse africaine.

A contrario, ce serait le désastre total. Le président Yaya Jammeh a été chassé manu militari en 2017, Condé et Ouattara parrainés pour leur 3e mandat en 2020. Comble d’une Cedeao en bute à un prisme inédit dans l’histoire de sa trajectoire !

Sénégal 7