Antoine Félix Abdoulaye Diome reste un très chef de l’Etat depuis la période des vaches maigres, devenu incontournable à la force des bras dans la chaîne du pouvoir,  celui que les proches surnomment affectueusement Tony a vu, en pleine maturité, sa loyauté récompensée par une nomination dimanche 2 novembre 2020 au névralgique ministère de l’Intérieur, un cran supplémentaire dans une ascension que d’aucuns qualifient d’ “exceptionnelle”.
À 46 ans, Antoine Félix Abdoulaye Diome décroche, pourrait-on dire sans risque d’être démenti, un portefeuille éminemment sensible dans un contexte de crise socioéconomique sans précédent .

En effet, nos sources s’accordent à le décrire comme une personne dotée d’une  forte résistance au stress, avec cerise sur le gâteau: une courtoisie exquise, bref il a vu le jour avec les qualités humaines indispensables d’un vrai gentleman.

“Vous conviendrez avec moi que  le métier de magistrat à l’image par exemple de la profession de journaliste, est particulièrement prenant. Les horaires sont contraignants et les affaires peuvent être très lourdes psychologiquement. Je veux dire par là qu’Antoine a une grande capacité à prendre du recul sur les dossiers. Il est suffisamment aguerri, c’est un travailleur acharné. Sans lui tresser des lauriers, Tony est né avec une grande capacité d’écoute et de concentration qui ne courent pas, du tout alors les rues. Il est loin de ces gens, tonneaux vides,  distraits…  Il est attentif. Vous vous en rendrez compte, du moins ses collaborateurs entre autres interlocuteurs s’en rendront compte. C’est un grand Monsieur qui pense  à son environnement de manière panoramique pour voir ce que les autres ne voient pas. Assez concentré, il va  au-delà des simples détails tactiques. Je l’ai vu à l’oeuvre, il saura transmettre une vision attrayante et motivante à ses collaborateurs”  fait savoir une vieille connaissance du ministre de l’Intérieur. C’est dire donc qu’Antoine Diom dispose d’atouts à même de réussir sa nouvelle mission régalienne on ne peut plus astreignant.

Pour la gouverne de ceux qui l’ignorent encore, Antoine Diome est chargé sous l’autorité du Président de la République qui détermine la politique de la Nation, de préparer et de mettre en œuvre ladite politique en matière d’administration territoriale, de sécurité intérieure, de police administrative, de défense civile et d’organisation des élections.

Il est dorénavant responsable de l’administration territoriale et veille à son bon fonctionnement. À ce titre, il a autorité sur les gouverneurs, les préfets et sous-préfets, dans le respect de leurs attributions propres de délégué du Président de la République et représentant du Gouvernement. Il est chargé de l’élaboration des règlements qui régissent leur statut, en relation avec le Ministre chargé de la fonction publique.

Il est désormais responsable, en relation avec les ministres compétents de la mise en œuvre de la politique de déconcentration. A ce titre, il est chargé de préparer la charte de la déconcentration et de veiller à son application.

À charge pour l’illustre successeur d’Aly Ngouille Ndiaye de  veille à l’application de la loi électorale. Il est également chargé de l’organisation matérielle des élections et des référendums, sous réserve des attributions dévolues aux Ministres chargés des affaires étrangères et de la justice et aux organes compétents.

Aussi, est-il  chargé de la sécurité intérieure sur l’ensemble du territoire de la République. Il réserve des procureurs en matière de police judiciaire.

Il dispose également de la gendarmerie en matière de police administrative et de rétablissement de l’ordre public.

Tony, comme on le surnomme, est chargé de la sécurité civile et de la lutte contre les incendies et les calamités naturelles.

En rapport avec les Ministres chargés de l’Economie, du Plan et des Finances, il participe à la protection de l’économie nationale contre la contrebande, les importations frauduleuses ou prohibées et le trafic de drogues.

Pour l’exercice des ses attributions, les forces de sécurité, autres que les forces de police, lui apportent leur concours dans les conditions prévues par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur.

            Qui est réellement  Antoine Diome?

Ayant vu le jour à Khombole en 1974,  dans une fratrie de plusieurs bouts de bois de Dieu, le “premier limier du Sénégal” a fait ses études secondaires au lycée Blaise Diagne. Réputé brillant, le désormais garant de nos libertés et sécurité décrochera le Baccalauréat avec mention. Mais, auparavant Diome obtiendra le  Brevet de fin d’ études moyens (BFEM) au lycée Malick Sy de Thiès.
Le bac en poche, Tony s’inscrira  à la faculté de Droit de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. La maîtrise en poche, l’étudiant, qui logeait à l’époque à Ouagou Niayes, passera avec succès le concours de l’ École nationale d’ adminisration (ENA). Un parchemin qui lui ouvrira grandement  les portes de la magistrature en 2000. Il sera alors affecté au parquet de Diourbel.
Quelques années plus tard, il sera muté comme substitut général près le parquet général de la Cour d’appel de Dakar. De substitut général, il passera délégué du procureur du tribunal départemental de Guédiawaye, avant de se retrouver comme second de Alioune Ndao au niveau de la Crei.
Durant la gestion de l’affaire Karim Wade, c’est lui qui a débusqué les comptes de ce dernier à Monaco, son patrimoine en France ou encore ses assurances au Luxembourg. “C’est lui qui a mis pratiquement à nu la chaîne de trafic mis en place par Karim Wade et sa bande entre autres gratinés dossiers” avons-nous appris.

Un des amis de l’ex Agent Judiciaire de l’Etat avec lequel il a fait les quatre cents coups de révéler : “contrairement  au bruit qui court, Antoine n’a jamais été chrétien de sa vie. Il est né musulman. Cet orfèvre du droit, comme je le  surnomme, est un mouride sadikh, talibé du regretté Serigne Saliou Mbacké. Il a d’ailleurs renouvelé son pacte d’allégeance à son fils aîné Serigne Cheikh Saliou Mbacké. Et je vous dis, il passe le plus clair de son temps à lire le Coran et les Khassidas de Serigne Touba. C’est ça, je puis dire, sa distraction. Ami personnel de Serigne Bara Falilou, il a étudié l’arabe de la Première à la Terminale. De ses relations avec Touba, disons avec son vénéré guide religieux Serigne Saliou,  sachez que l’un de ses enfants (ndlr: il en a trois) porte d’ailleurs le nom de Cheikh Salikh Mbacké. Comme disait l’autre, Antoine Felix Diome est un garçon charmant, très élégant dans la mine comme dans la mise. C’est un juriste hors pair, un redoutable serial killer, sans état d’âme, au service exclusive de Macky Sall à qui il dit tout. Techniquement bien outillé, il avance à découvert. Les “deux K”, je parle de Karim Wade et ces messieurs d’Akilee en savent quelque chose. Bref, en le nommant au ministère de l’Intérieur, Macky a réussi un coup de maître. Tout le reste n’est que légende”.