Hier traqueuse impitoyable contre les supposés  voleurs de la République dans le cadre de la traque des biens mal acquis, Mimi Touré se retrouve aujourd’hui dans la posture d’une traquée après son limogeage  de la présidence du Conseil Économique Social et Environnemental et l’étau est en train se resserrer autour d’elle. 

 Le syndrome Khalifa Sall est-il en train de guetter Aminata Touré la désormais ex présidente du Conseil Économique Social et Environnemental ? C’est tout comme surtout si l’on se fie à sa dernière sortie dans laquelle elle réclame l’audit du Cese par les organes habilités de l’État depuis sa création en 2013 jusqu’au jour de son départ. Cela nous rappelle étrangement l’affaire Khalifa Sall, qui soupçonné du délit d’ambition a vu la machine judiciaire mise en branle pour anéantir ses ambitions. Malgré ses explications, le régime n’a rien voulu savoir et a fini par avoir sa peau.  Car quand le pouvoir a sur sa ligne de mire quelqu’un qu’il veut éliminer, c’est rare qu’il rate sa cible du fait des armes conventionnelles et non conventionnelles dont il dispose. Pour preuve quand il a voulu sa payer la tête de Khalifa Sall , il a fini par l’avoir, sans état d’âme. N’ayant pas pu le coincer avec le rapport de l’Ige qui estimait que la gestion de l’ancien maire de Dakar méritait des félicitations, le pouvoir de Macky Sall a fini par l’enfermer dans la caisse d’avance. Malgré les explications de Khalifa Sall qui déclarait que cette caisse était une sorte de fonds politiques et qu’il n’a fait que suivre les traces de  ces prédécesseurs dans son utilisation, il n’a pas échappé au rouleau compresseur du régime. Donc si Mimi réclame un audit de la gestion de ces prédécesseurs, c’est sûrement qu’elle craint un coup fourré  après que son successeur Idrissa Seck, a dépêché une mission de vérification pour fouiller dans sa gestion. Chose du reste tout à fait normale et elle même soutient l’avoir  fait, en prenant la direction du Cese. C’est la règle de bonne gouvernance qui l’exige, allié politique ou pas. Parce qu’avant d’occuper un poste,   un état des lieux s’impose, une sorte d’audit interne dont l’objectif est de connaître la situation exacte de la structure dans le cadre d’une reddition des comptes. Malheureusement sous nos cieux, on utilise toujours les audits pour solder des comptes avec des moyens de l’État. Et actuellement la machine à broyer les ambitieux semble être lancée à plein régime.  De traqueuse, Mimi Touré est aujourd’hui dans la posture d’une traquée. Et si l’ex présidente du Cese tient à ce que l’audit de l’institution se fasse depuis sa création en 2013, c’est certainement parce qu’elle connaît parfaitement les méthodes du régime avec lequel elle a cheminé durant plus d’une décennie. Nommée Garde des Sceaux, ministre de la Justice, le 5 avril 2012, Mimi  Touré était  chargée de la mission de recouvrement des biens supposés mal acquis des dignitaires de l’ancien régime. Surnommée la dame de fer car déterminée à aller jusqu’au bout pour faire rendre gorge aux gloutons qui avaient englouti les sous de la République, elle n’hésitait jamais à ferrailler avec ses détracteurs. «Ce que les gens disent ne m’ébranle pas. Les dossiers ont été transmis à la justice qui est en train de faire un excellent travail et je vous assure que rit bien qui rira le dernier ! », aimait répliquer  la Garde des Sceaux. Mimi dispose t-elle aujourd’hui  d’assez de ressources pour  détraquer la traque engagée contre elle par ses détracteurs ? Wait and see

Avec actunet.net