Les 43 personnes arrêtées dans le cadre de l’affaire dite des centres de redressement de Serigne Modou Kara Mbacké feront face au juge du 8ème cabinet du tribunal de Dakar. Le procureur de la République ayant demandé le mandat de dépôt pour tous, il reviendra au juge Mamadou Seck de déterminer la responsabilité de chacun et de prendre les décisions correspondantes.

En attendant, on en sait un peu plus sur cette sombre affaire. En effet, il y a eu de véritables cas de maltraitance dans ces centres. Selon nos sources, l’un des pensionnaires interné à l’hôpital Principal de Dakar a une plaie de 7 centimètres. Un autre souffre d’hypoglycémie (caractérisée par un faible taux de sucre sanguin lorsqu’une personne ne mange pas pendant un certain temps). Et dans les témoignages, beaucoup de pensionnaires affirment qu’ils mangeaient peu, généralement un repas peu copieux par jour. D’autres pensionnaires, très mal en point, se sont vu établir à l’hôpital Principal de Dakar des certificats médicaux de 25 et 30 jours.

En outre, nos sources notent que dans ces centres, comme en prison, les portes ne s’ouvrent que de l’extérieur.

 

Pépé et «Commandant» liés par une affaire de meurtre pour laquelle le bourreau des pensionnaires avait pris 12 ans ferme

 

C’est en suivant les traces de scooters volés que les gendarmes ont abouti à la demeure où se trouvait le centre de redressement à Ouakam. Sur place, ils ont trouvé les scooters recelés, dont plusieurs déjà dépiécés. Ladite maison est occupée par Pépé Diao, fils de Baba Diao, qui a prêté une dépendance à son ami «Commandant», de son vrai nom Antoine Bleck Mendy, devenu Mame Thierno Mendy, après sa conversion à l’islam.

En effet, Pépé et «Commandant» se connaissent depuis longtemps.A une certaine époque, ils avaient été cités tous les deux cités dans une affaire de meurtre. Mais «Commandant» avait endossé toute la responsabilité. Il a été reconnu coupable et condamné à 12 ans de prison ferme. Il a été libéré après environ 8 ans de taule. Cela a raffermi leurs relations. Et quand il est sorti de prison, ils ont continué à se fréquenter. C’est sans doute ce qui a conduit Pépé a lui prêter une bâtisse, construite un peu à l’écart, dans la demeure qu’il occupe à Ouakam. C’est dans ce bâtiment que la gendarmerie a arrêté 19 personnes. Mais comme nous l’avions écrit dans une précédente édition, Pépé Diao s’en est lavé les mains. En effet, même s’il reconnaît avoir prêté le bâtiment transformé en centre de redressement à son ami Mame Thierno Mendy dit «Commandant», il affirme mordicus qu’il ne savait strictement rien de ce qui s’y tramait. Mes il n’a pas convaincu les enquêteurs de la gendarmerie qui l’ont déféré dans la première vague.

 

Le lendemain à 6h du matin…

 

Ayant découvert le centre de Ouakam, c’est surplace que les gendarmes ont appris qu’il y a d’autres centres similaires, dont celui de Guédiawaye, où les hommes en bleu se sont rendus le lendemain à 6h du matin. Dans la foulée, deux autres centres ont été démantelés à Malika et Zone B, avec au total plus de 300 pensionnaires, dont beaucoup, mal en point, ont été conduits dans plusieurs structures de santé.

Avec actunet.net